Merci d’avoir été si nombreuses et si nombreux à nos côtés, le 16 septembre dernier, à la Salle Gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles, à l’occasion de la cérémonie de remise du Prix international pour la Liberté des Femmes « Mahsa Jina Amini » à notre sœur de cœur et de combat, Ibtissame Betty Lachgar, féministe universaliste et militante laïque, emprisonnée depuis plus d’un an au Maroc pour avoir exprimé sa solidarité à l’égard de deux féministes iraniennes lesbiennes condamnées à mort en Iran.
Un geste de solidarité ne devrait jamais conduire une femme en prison. Défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression et les droits des femmes ne devrait jamais être un crime. Et pourtant, nous savons ce que cela peut coûter.
Betty n’était pas physiquement parmi nous, mais sa présence habitait cette soirée. Son courage, son irrévérence, son engagement féministe et laïque étaient dans toutes nos pensées.
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont pris la parole avec force, émotion et conviction. Vos mots ont fait résonner la voix de Betty au-delà des murs de sa prison et ont rappelé avec force que nous ne l’oublions pas.
Dans l’ordre, prises de parole de : Sam Touzani et Djemila Benhabib, cofondateur du Collectif Laïcité Yallah ; David Weytsman, président du CPAS de Bruxelles ; Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF) et coprésidente du Prix. ; Mahtab Ghorbani, romancière et poétesse, activiste iranienne en exil, réfugiée politique en France, coprésidente du Prix ; Olivia Venet, avocate, présidente d’honneur de Ligue des droits humains (Belgique) et Adèle Mukadi, présidente de la Maison de l’Maison de l’Initiative Citoyenne (les deux nouvelles coprésidentes du Prix) ; Alexis Deswaef, Président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Nidal Hamadache de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), moment poétique avec Aziz Mkichri, militant des droits humains (Maroc), moment poétique avec Mahtab Ghorbani.
Prestation musicale avec Nadiya Mehdizadeh et son band.
Merci également au public pour sa présence, son écoute, sa chaleur et sa solidarité. Lorsque l’injustice voudrait imposer le silence et l’isolement, être ensemble est déjà un acte de résistance.
Cette cérémonie était bien davantage que la remise d’un prix. Elle était l’expression d’une solidarité vivante envers Betty, mais aussi envers toutes les femmes qui, partout dans le monde, paient le prix fort pour avoir revendiqué leur liberté, leur dignité, leur droit de penser, de parler, d’aimer et de disposer librement de leur vie.
La solidarité envers celles et ceux qui résistent à la barbarie et aux tyrannies est un impératif de chaque instant. Nous avons la responsabilité de relayer leurs voix, de les amplifier et de refuser que l’indifférence ou l’oubli viennent ajouter une seconde peine à celle qu’ils subissent déjà.
Depuis plus d’un an, Betty est privée de sa liberté.
Nous refusons de nous habituer à son absence.
Nous refusons le silence.
Nous refusons l’indifférence.
Nous continuerons à dire son nom, à porter sa voix et à nous mobiliser jusqu’à sa libération.
Liberté pour Ibtissame Betty Lachgar.
Free Betty!
Mahtab Ghorbani et Annie Sugier, coprésidentes du Prix international pour la Liberté des Femmes : Mahsa Jina Amini
Djemila Benhabib et Sam Touzani, cofondateurs du Collectif Laïcité Yallah

